China Town Ile Maurice

L’histoire de China Town

Dans les années 1940, un grand nombre d’immigrants chinois débarquèrent sur l’île Maurice pour y ouvrir des commerces. Ils s’installèrent le long de la route royale au cœur de Port Louis, et c’est ainsi que fut créé le Chinatown de l’île Maurice. Ce quartier accueille même ses propres célébrités locales. Notamment Mme Kwok, la diseuse de bonne aventure la plus révérée du pays. On retrouve aussi une multitude de propriétaires de « pharmacies » chinoises qui surveillent de près leur précieuse cargaison de médicaments traditionnels : tisanes, épices, insectes préservés et bien d’autres. 

Les premiers immigrants chinois ont débarqué à l’île Maurice dans les années 1820. La plupart sont originaire de la province de Kwang Tong, au sud-est de la Chine. Ils ont été suivis par les Hakkas, originaires de la région de Honan en Chine centrale. Une grande partie de la communauté chinoise de l’île Maurice s’est convertis au christianisme en raison de l’influence culturelle européenne. Le China Town de l’île Maurice a été fondé en 1944, tout près de la Gare du Nord, à Port Louis. Le quartier Chinois de Port Louis conserve son cachet authentique avec ses petites échoppes étonnantes et mystiques. Certaines sont plus que centenaires. Vous pouvez y trouver plusieurs mets comme le fameux mine bouilli, le canard laqué, et les boulettes entre autres. 

 

China Town est un lieu fascinant

China Town vous titille les papilles et excite votre curiosité. Tout le monde sait qu’on y trouve à peu près tout et n’importe quoi. Dans le magasin Win Tai Chong par exemple, si vous vous y rendez quelques jours avant le nouvel an chinois, vous observerez des passionnés de feux artifices à la recherche de leurs articles préférés pour les fêtes. Des rayons pleins à craquer de légumes séchés ou marinés, de sauces et de décorations, et tellement de clients qu’il y en aura jusque sur le trottoir.

Plus haut dans la rue, l’Atlantic Store est tout aussi imposant, avec ses vitrines chargées de vaisselle, de jouets, de pétards, d’éventails, d’instruments de musique et d’autres objets tout à fait inattendus. Sur le trottoir, des clients impatients font la queue pour déguster des boulettes (que nous pouvons qualifier de « dim sum » local). Non loin du vendeur de rue, un vieillard imperturbable supervise le déchargement de ses provisions, qui disparaissent aussitôt au fond de la boutique, derrière une grande porte en bois rouge.

Les lettrages des rues sont en cantonais, ce qui faisait partie d’un projet visant à amener plus de chinois à l’île Maurice. Cependant ce projet n’a jamais vraiment décollé mais étonnamment, le chinois et les musulmans étaient très proches dans les affaires. La principale raison en est que les musulmans étaient de bons matelots et qu’ils étaient capables de dire aux Chinois quels produits allaient arriver dans le pays dans les mois à venir. C’est pourquoi la zone musulmane de Plaine Verte a une rue appelée Rue Pagoda tandis que China Town a une rue appelée Rue Jumah.

 

Le China Town d’aujourd’hui

De nos jours les choses ont changé mais les rues de la ville de China Town sont encore très occupées en semaine. Le parfum des épices chinoises ainsi que des champignons séchés et des ingrédients est très présent. En fait, la plupart des mauriciens savent que China Town est un bon endroit pour la bonne nourriture. Pendant l’heure du déjeuner en semaine, vous trouverez des hommes d’affaires et des travailleurs qui prennent leur pause déjeuner à China Town.

Les personnes âgées se rappelleront de l’époque où la solidarité et le sens de la rue dominaient. Même si le hakka était la langue utilisée au sein de la communauté sino-mauricienne, ils apprirent à s’exprimer en créole. Malgré le progrès économique et le déménagement de nombreuses familles vers d’autres quartiers, certaines traces du passé demeurent. Les rues sont parsemées de pagodes bien entretenues et le mandarin est toujours activement enseigné au collège chinois centenaire. Les quelques habitants ayant grandi dans le China Town de cette époque sont également les derniers lecteurs du quotidien local rédigé en hán yù (un dialecte chinois simplifié utilisé dans la littérature). L’héritage culturel laissé par les premiers sino-mauriciens fait aujourd’hui la fierté de nombreux membres de la communauté. Ils font tout leur possible pour empêcher que les danses et la cuisine traditionnelles ne tombent dans l’oubli.

 

Le “China Town Food and Cultural Festival”

China Town est en évolution constante mais parvient malgré tout à conserver son authenticité. Si vous êtes à l’île Maurice et entendez parler du festival annuel de la nourriture et de la culture de China Town, allez-y ! Le quartier se métamorphose sous un concerto de feux d’artifice, de battements de tambour et de musique, accompagnés de lions chinois dansants. Attirant une foule toujours plus grande, cet événement fascine toutes les personnes intriguées par les trésors de l’empire d’Orient. Les rues deviennent, pour cette occasion, un théâtre géant où des artistes, des acrobates, des calligraphes et des danseurs se donnent en spectacle. Les enfants, assis sur les épaules de leurs parents, s’émerveillent face au long dragon coloré et soyeux qui passe furtivement devant eux.

Des stands de nourriture sont installés non loin de groupes de musique traditionnelle, les boutiquiers sortent leurs produits soigneusement sélectionnés sur le trottoir. Les rues sont, elles, toutes illuminées de centaines de lanternes chinoises rouges et jaunes, sont fermées à la circulation. Lors de ces nuits animées, vous pourriez aussi rencontrer des danseurs se cachant timidement derrière leurs éventails, des femmes vêtues d’une qipao (une robe chinoise traditionnelle).

China Town reste une preuve vivante de cette culture, bien que la communauté chinoise ne compte qu’une minorité dans la population mauricienne. Certaines habitudes telles que les fêtes traditionnelles telles que le Nouvel An chinois, le festival de la Lune et le festival des bateaux-dragons sont très attendues et insufflent une nouvelle vie à China Town.